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Les Talents Edilivre n°1 : Rencontre avec Philippe Fortin, auteur de l’ouvrage Indestructible

En 2017, Edilivre met Ă  l’honneur ses Talents. Dans cette nouvelle rubrique, vous allez dĂ©couvrir des auteurs au parcours atypique. Aujourd’hui, nous partons Ă  la rencontre de Philippe Fortin, Ă©crivain Ă  l’Ɠil vidĂ©aste et Ă  la main littĂ©raire.

Journaliste, rĂ©alisateur et auteur, Philippe Fortin est le rĂ©alisateur du documentaire 621 KM NON-STOP, gagnant du Prix du Public dĂ©cernĂ© lors du festival Objectif Aventure organisĂ© par Terres d’Aventure au CENTQUATRE-PARIS.

621 KM NON-STOP retrace la folle aventure de Pascal Blanc filmée par Philippe Fortin.

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Bonjour Philippe. Je vous remercie de m’accorder ces quelques minutes en tant que premier #TalentsEdilivre. Pour commencer, pouvez-vous nous rĂ©sumer l’histoire d’Indestructible ?

Indestructible, ça commence par un coup de tĂ©lĂ©phone de mon compĂšre Pascal Bonnefon, rĂ©dacteur en chef de la chaine Canal Grand Raid (Canal+). Il m’appelle dans le cadre de cette chaĂźne puisqu’il faut fournir des documentaires, des contenus et il me dit « Je viens de recevoir un texto de Pascal Blanc c’est un ultra-trailer français, il a 50 ans et il compte traverser les Alpes par le sentier du GR5 qui relie Thonon-les-Bains Ă  Nice ». Puis, il me dit, « Il veut le faire en 6 jours et ça reprĂ©sente 621km ». Il me demande ce que j’en pense et je lui rĂ©ponds « Il est complĂ©tement fou ! » *rires*. Au fur et Ă  mesure de la conversation je m’imagine sa rĂ©ussite en me disant que ça pourrait faire un super film ! Du coup, on part lĂ -dessus et on tente ! On aura Ă©tĂ© les seuls Ă  rĂ©pondre Ă  Pascal Blanc.
Le livre commence comme ça car j’y raconte mon vĂ©cu en tant que rĂ©alisateur, avec ma camĂ©ra, ma rencontre avec Pascal Blanc et tout ce qui a failli ne pas se passer. L’aventure en elle-mĂȘme est assez incroyable et je la raconte Ă  travers mon angle de tĂ©moin privilĂ©giĂ©.

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621KM NON-STOP est votre premier film. Indestructible est votre premier livre. Deux premiÚres fois ! Comment se sent-on aprÚs tout ça ?

On se sent extrĂȘmement heureux puisqu’au dĂ©but je ne savais pas trop dans quoi je me lançais avec ce film. Il n’aurait pu jamais se faire car, si Ă  la moitiĂ© du parcours Pascal Blanc avait abandonnĂ© au 300Ăšme km, on aurait peut-ĂȘtre pas eu de film. Ça aurait Ă©tĂ© un homme vaincu par la montagne.
Pour le livre, c’est un peu la mĂȘme chose. Sur le chemin du retour, dans la voiture qui nous ramenait Ă  Bordeaux, j’échange avec Pascal Bonnefon et je lui explique qu’un jour j’aimerais beaucoup Ă©crire un livre mais que je ne savais pas si je trouverais un jour le sujet pour le faire. Et il me dit « Pourquoi t’écrirais pas sur ça ? Pourquoi tu ne raconterais pas l’histoire que tu viens de vivre ? » et c’est parti comme ça.

Je pense que si j’avais su ce qui m’attendait en me lançant là-dedans, je ne sais pas si j’aurais eu le courage de le faire.

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621KM NON-STOP c’est le « Film de votre Vie », vous le dites souvent. Indestructible est donc le livre de votre vie ?

Pour l’instant, je n’ai ni la force, ni le sujet pour me relancer dans cette aventure. Je ne savais pas du tout ce que j’allais faire. Passer des nuits Ă  Ă©crire, je ne l’imaginais pas. Je pensais que ça m’aurait pris quelques semaines, que j’allais simplement coucher sur papier mes souvenirs, presque Ă  la va-vite. Je pensais que ça sortirait tout seul, c’est sorti vite mais qu’est que c’est long mine de rien d’écrire ! Ça prend beaucoup de temps, on a envie de bien faire, on reprend des phrases… C’est lĂ  que les problĂšmes commencent Ă  arriver ! *rires*. En tout, j’aurai mis 6 mois Ă  Ă©crire Indestructible.

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En tant normal, les livres sont rĂ©adaptĂ©s en films. Dans votre cas, c’est totalement l’inverse. Est-ce plus difficile de faire revivre l’histoire sur papier ?

Oui, tout Ă  fait. Quelque part, le scĂ©nario du film c’était Pascal Blanc qui l’écrivait au fur et Ă  mesure qu’il avançait dans son aventure. Moi mon rĂŽle c’était de la restituer au plus vrai de ce que l’on avait vu. C’est un exercice totalement diffĂ©rent.
Pour le livre, on pourrait penser que c’est la mĂȘme chose. Mais, j’ai dĂ©couvert que c’était beaucoup plus complexe que ça. On a envie d’intĂ©resser le lecteur. J’ai fait beaucoup de recherches sur les Alpes, sur les endroits par lesquels on Ă©tait passĂ©, les images en tĂȘte. Je me suis beaucoup documentĂ© et j’ai considĂ©rĂ© cette Ă©criture comme un vĂ©ritable travail de recherche.

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Qu’est ce que cette expĂ©rience vous a appris ? Cette aventure cinĂ©matographique avait l’air sportive pour vous Ă©galement…

Ouais, tout Ă  fait. À la base, je suis de Bordeaux et donc, la montagne c’est pas du tout mon Ă©lĂ©ment. Sur un sujet a un caractĂšre itinĂ©rant on peut jamais se dire « Je vais rĂ©server un hĂŽtel, dormir un peu ». C’était impossible ! Il fallait rester au contact de Pascal Blanc et de son Ă©quipe car, Ă  tout instant, il pouvait se passer quelque chose : Pascal qui trĂ©buche, qui abandonne
 Et donc, on savait en s’engageant qu’on allait finir rincĂ©. J’ai trĂšs souvent dormi dans des voitures en petites siestes de 30 minutes, par ci, par lĂ , quand je pouvais grappiller un peu de temps de rĂ©cupĂ©ration mais cette adrĂ©naline nous tenait. Il Ă©tait en train de rĂ©aliser un exploit tellement incroyable que j’avais presque honte de vouloir dormir *rires*. Pourtant, je ne suis pas un sur-homme comme lui. Moi j’ai besoin de dormir et de manger. On s’était mis en mode « aventure ».

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Vous avez dû en apprendre beaucoup sur vous ?
Tout Ă  fait. Je pensais dĂ©tester la montagne, au final je l’adore. Je suis sorti de ma zone de confort. Quand on sort de notre petit confort, au dĂ©but c’est un peu dur et au final, on en ressort avec un regard diffĂ©rent. Et c’est ce qui m’est arrivĂ©.

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Le titre de votre ouvrage colle parfaitement bien avec son histoire mais aussi avec la vĂŽtre…

Le titre est venu au fur et Ă  mesure de l’Ă©criture. Je crois que j’étais parti sur La grande traversĂ©e des Alpes, qui est dĂ©sormais le sous-titre, pour que les lecteurs puissent situer l’histoire mais je voulais un mot parlant. Un mot qui donne une tonalitĂ© Ă  l’ouvrage. Quand j’écrivais la phrase « Il m’apparaĂźt indestructible », l’adjectif est devenu une Ă©vidence.

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On sent beaucoup d’admiration et de nostalgie dans l’ouvrage. Beaucoup de personne vous entourent, de la MamĂ©e Ă  la mascotte. Une telle expĂ©rience doit crĂ©er des liens impĂ©rissables ?

Ah mais tout Ă  fait ! Comme je le dis souvent Ă  Pascal, puisqu’on a gardĂ© contact et qu’on s’est revu lors de la remise de prix Objectif Aventure à laquelle nous avons remporté le prix du public, « On est liĂ© Ă  jamais par cette aventure ».  Il cherchait une maniĂšre de documenter son histoire et moi, j’ai rencontrĂ© quelqu’un d’extraordinaire. Ce sont ces raisons qui m’ont poussĂ©es Ă  Ă©crire ce livre. Pour lui, certes, mais aussi pour toutes ces personnes qui l’ont accompagnĂ©. Pour qu’ils en gardent une trace. L’écrit est pour moi suprĂȘme.

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D’un cĂŽtĂ©, le film est porté sur Pascal Blanc et, de l’autre, l’ouvrage beaucoup plus sur vous. Le plan final de 621 KM NON-STOP, comme vous l’expliquez dans Indestructible, a une signification toute particuliĂšre pour vous. Pouvez-vous nous en dire plus ?

On revient Ă  Nice, sur la promenade des Anglais. C’est assez fou. Beaucoup de chose se bousculent et je me revois presque 10 ans en arriĂšre en train de fĂȘter l’obtention de ce diplĂŽme avec tous les autres journalistes de ma promo. C’est incroyable que pour mon premier film je revienne lĂ , sur la terre qui m’a sacrĂ©e journaliste, qui a fait de moi un tout jeune journaliste. Je me dis qu’il n’y a pas de hasard.

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Mollat

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DerniÚre question. Quels sont vos projets pour la suite ? Votre activité de journaliste forcément, la réalisation de documentaires long format ?

Oui, si l’occasion se prĂ©sente Ă©videmment. Aujourd’hui, je suis un rĂ©alisateur indĂ©pendant. Je collabore Ă©normĂ©ment avec Grand Angle Production. Une sociĂ©tĂ© qui me fait confiance et avec laquelle j’ai beaucoup de projets. Maintenant que je l’ai fait une fois, je me dis que je peux le refaire. On se sent vivant lorsqu’on vit ce genre de chose.