Rencontre avec Thomas Michaud, auteur de  » Un virus martien « 

Thomas_Michaud_EdilivrePouvez-vous introduire, en quelques mots, votre ouvrage ? Ce roman se déroule en 2044, à une époque marquée par le réchauffement climatique et la domination du monde par les Etats Fédérés de la Terre (EFT), une version futuriste de l’ONU. Les EFT ont lancé une mission qui doit ramener des échantillons de sol martien, ce qui provoque des querelles entre les citoyens du monde. Certains craignent que la mission ne ramène des virus ou des bactéries qui pourraient être nocifs pour les écosystèmes terrestres alors que d’autres espèrent qu’on découvrira une forme de vie extraterrestre. Ce roman présente la fragilité des systèmes politiques les plus développés, qui peuvent être détruits par une épidémie ou des mouvements sociaux ultraviolents.

Comment la science-fiction est-elle entrée dans votre vie ? Déjà très jeune, je regardais beaucoup de programmes de science-fiction à la télévision : des dessins animés, des séries, mais aussi des films comme Terminator, qui m’a particulièrement marqué. Mais ce n’est qu’à l’université que je me suis vraiment intéressé à la science-fiction, à travers la découverte du courant cyberpunk, qui a connu un vif succès pendant les premières années de la construction d’Internet. J’ai consacré mon mémoire de maîtrise de science politique à l’université Paris I Sorbonne au roman de William Gibson, Neuromancien. Suite à cela, je me suis intéressé à l’imaginaire de la conquête de la planète Mars dans mon mémoire de DEA de science politique, avant de consacrer ma thèse de sciences de gestion à l’utilisation de la science-fiction par les ingénieurs des Orange Labs.

Comment avez-vous eu l’idée de la lier à votre travail ? J’ai eu cette idée en 2000, à une époque où la cyberculture connaissait un grand succès, en raison de la spéculation dans le secteur des télécommunications. Un de mes professeurs, Lucien Sfez, connaissait très bien le thème de la relation entre la science-fiction, les utopies et les idéologies technologiques. Il a par exemple publié La Santé Parfaite, critique d’une nouvelle utopie. Ma découverte de la complexité du courant cyberpunk m’a incité à entreprendre des recherches plus poussées, et à écrire des livres théoriques, mais aussi deux romans de science-fiction.

Y-a-t-il des auteurs du genre qui vous ont particulièrement influencé ? La lecture de Neuromancien, de William Gibson, m’a particulièrement influencé dans un premier temps, et en particulier son évocation du cyberespace, référence centrale de la cyberculture. Puis, j’ai découvert Le Samouraï Virtuel, de Neal Stephenson, qui décrit aussi un monde virtuel, le métavers. J’ai eu la chance de pouvoir interviewer ces deux auteurs dans le cadre de ma thèse. Enfin, je fus influencé par de nombreux autres auteurs, comme Dantec, Egan, et bien entendu Jules Verne et Robida.

Quels thèmes aborde votre roman ? Quelle atmosphère avez-vous voulu créer ? Deux thèmes principaux se dégagent de ce roman. Le premier est celui de l’exploration martienne. Est-elle souhaitable, à quel prix ? Est-il moral de vouloir coloniser Mars alors que tant de problèmes humains seraient à résoudre en priorité sur Terre ? Plus spécifiquement, les scientifiques sont-ils suffisamment vigilants dans la mise en place des projets d’exploration ? Ne risque-t-on pas de ramener sur Terre des virus d’une autre planète ? Le deuxième thème est celui d’une pandémie mondiale transformant les humains, et les animaux en zombies. J’ai consacré un livre à l’imaginaire zombie (La zombification du monde, 2009) et j’ai naturellement écrit un livre de science-fiction sur ce sujet, que je commençais à bien connaître. L’objectif était de décrire un futur dans lequel la survie de l’espèce humaine est menacée par un terrible fléau et de suivre les héros dans leurs aventures en territoire zombie…

Un dernier mot pour vos lecteurs ? J’espère que vous prendrez autant de plaisir à lire ce roman que j’en ai pris à l’écrire. Si vous souhaitez prolonger un peu la connaissance de mon univers, je vous oriente vers mon site web : www.marsisme.com, dans lequel je présente mes livres et mes publications. 


Commentaires