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Léonello
ISBN : 9782353352159
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Léonello

Par Suzanne Alexandre


Thème : Roman historique
284 pages noir et blanc
Format classique 13/20 cm
Ouvrage ajouté le 19/08/2008
19.00€
7.90€

« Septembre 1941. C’est un début. Il m’est venu d’un coup, sans rature. Je laisse comme ça pour l’instant ; ça me convient toujours pour l’instant. Je n’en ferai pas plus aujourd’hui. Je sais où je conduis cette histoire. Je n’en connais ni les sentiers, ni les méandres mais je vois la grand-route et où elle devrait mener. Et le temps, le temps qui depuis l’an dernier doit me détruire, donnera bien à la grand-route les moyens d’exister pour « sauver mon âme ». Ainsi je lance un S.O.S. et, pour l’heure, ce reflet du quattrocento illumine ma chambre triste. Je viens de la louer à deux sœurs, deux vieilles filles, que l’on m’a recommandées pour leurs vertus : propreté, honnêteté, piété. En fait, elles sont actives paroissiennes de ce patelin situé sur un début de colline, à douze kilomètres environ de Roanne. Roanne, capitale de l’ennui mais non de la douleur. Roanne, petite ville industrielle sans histoire et sans Histoire, mais en zone libre. Je me tiens ferme à ma première bouée de sauvetage, écrire l’histoire de Léonello qui, à l’instar du chat de Baudelaire, « Dans ma cervelle se promène ainsi qu’en son appartement » et miaule comme un fou pour en sortir. Et puis je commence à écrire un journal, sur le conseil pressant de mon cousin, sinon je vais m’effriter. »


Mots-clés : léonello, suzanne alexandre, guerre, zone libre, occupation, 1941, écriture, journal, étudiant, philosophie,

L’enfance de Suzanne Alexandre, née à Paris en 1934, a été fortement marquée par la Seconde Guerre mondiale. Elle a donc vécu à l'instar du "Vincent " de cette histoire
l'occupation à Paris, la vie en zone libre, l'alternance des bombardements et des refuges en province La libération met fin à la peur quotidienne et la "Reconstruction" lui donne pour toujours confiance en la vie. Professeur de Lettres, elle est mariée, a deux fils, et aujourd'hui deux petites-filles de quatre ans à qui est dédié ce récit, né une nuit d'insomnie, et rédigé pour ajouter un témoignage, bien modeste, au nom de tous ceux que la folie humaine a dévorés.

9 septembre 2008

Rencontre avec… Suzanne ALEXANDRE Auteur de Léonello

EDILIVRE : Suzanne Alexandre, votre livre Léonello est paru en août dans la collection coup de cœur des éditions Edilivre. Il retrace l’histoire de Vincent, un étudiant en philosophie qui fuit la guerre en 1941 : il se retire en tant qu’instituteur dans un village de la zone libre et s’y retrouve face à lui-même, à ses pensées et à son ennui. Il choisit donc pour s’occuper, pour garder les idées claires et la tête froide, d’écrire. C’est ainsi qu’il raconte sa propre histoire par le biais d’un journal intime, et celle de Léonello, artiste peintre du quinzième siècle, sous forme de roman.

Suzanne Alexandre : Vous avez très bien résumé.

 
EDILIVRE : Il s’agit là de votre premier roman. Pouvez-vous nous parler de cette expérience de l’écriture ?
 
Suzanne Alexandre : Je n’avais jusqu’alors écrit que des articles pour des éditions estudiantines (Ellipses, l’Ecole des Lettres…) et des nouvelles imprimées pour mes proches. La composition et l’écriture de « Leonello » m’ont pris deux ans. L’idée m’en est venue une nuit à 3 heures du matin. A 4 heures, je me suis rendormie « sachant où j’allais », c’est-à-dire à des lieux, des événements que j’avais connus très tôt (de cinq à dix ans), et surtout, à cette évolution rapide que m’a valu la rencontre précoce avec le mal absolu. Sans que je ne m’en doute, mes personnages vivaient dans mon cerveau, faits avec les bribes habituelles aux romanciers : Vincent et moi parlons et pensons à peu près de la même façon, les parents ressemblent assez aux miens, nous avons avec Elvire connu les mêmes contraintes, et la même fureur. J’ai vécu le scoutisme de l’époque, les questions métaphysico-religieuses, l’antisémitisme incompréhensible, la place des filles dans la société…et la vanité des révoltes, le plus souvent écrasées ou ignorées . Je retiens de tout cela qu’il était temps de le partager, qu’il fallait « que ça sorte ». Et je dors mieux.

EDILIVRE : La forme du roman est tout à fait originale : elle associe le journal intime et le récit ; met en relation deux histoires et deux époques sans lien apparent. Pouvez-vous nous décrire un peu cette double écriture, ce qu’elle vous a permis de mettre en avant dans votre ouvrage ?

Suzanne Alexandre : La composition « en abyme » de cette histoire m’a permis, égoïstement, de parler d’une époque (le XV ème siècle, bourgeon de la Renaissance ), que je vénère, et je m’y suis évadée aussi souvent que Vincent, de ressusciter aussi la vie d’un atelier d’Avignon, toscan-flamand, véritable ruche de créativité. Mais surtout, cela m’a permis d’exprimer cette effrayante réalité : la permanence du « Mal », l’explosion de la cruauté humaine qui suit le plus souvent une époque de paix, féconde en évolutions. A l’origine de notre histoire, nous avons le symbole de la métamorphose de Satanaël, un des plus beaux archanges, devenu Satan. Le cycle infernal serait désespérant si l’espoir ne venait d’une partie de l’humanité cherchant sans cesse une solution. On trouve même des améliorations provisoires…

  
EDILIVRE : Aviez-vous dès le début prévu une publication ? Si ce n’est pas le cas, comment avez-vous décidé de franchir le pas ?
 
Suzanne Alexandre : J’avais prévu d’abord de faire imprimer ce récit pour mes enfants et mes proches. Mon mari l’a trouvé tout à fait éditable, et m’a poussée à l’envoyer aux éditeurs… "Féminista, ma non troppo ", j’ai suivi ses bons conseils.

 

EDILIVRE : On peut lire et entendre beaucoup de témoignages sur les difficultés que rencontre un auteur souhaitant être publié. Comment cela s’est-il passé pour vous ?
 
Suzanne Alexandre : Cela s’est passé de la façon la plus banale : une douzaine d’éditeurs connus ont renvoyé son manuscrit à l’inconnue. Seul, Belin, désolé, m’a souhaité de trouver un éditeur « enthousiaste ». Il l’avait lu !

EDILIVRE : Vous avez vous-même vécu la deuxième Guerre Mondiale (occupation, vie en zone libre, bombardements) puisqu’elle a éclaté alors que vous étiez une enfant. A quel point diriez-vous que votre ouvrage est marqué par le souvenir ?

Suzanne Alexandre : Qui n’aurait pas été marqué par un épisode de sa vie en noir et gris, dans un film qui s’annonçait en couleurs ! Le ressort de mon inspiration vient surtout de la rage qui m’a habitée, impuissante que j’étais devant ces événements terribles, que ni la radio ni ma famille ne me cachaient. J’aurais voulu être Jeanne d’Arc : j’étais une élève de cours moyen, à l’institut Jeanne d’Arc.

EDILIVRE : Parlons de vos souvenirs de la guerre. Dans un passage du livre, vous évoquez l’insouciance des plus jeunes enfants qui, en dépit de la situation, continuent de jouer à leurs jeux, d’évoluer dans un monde où se mélangent la réalité et les créations de leurs esprits fertiles. Vous souvenez-vous avoir vécu la guerre dans l’insouciance ou avoir plutôt eu conscience de la situation ?

Suzanne Alexandre : Beaucoup d’enfants autour de moi, et parfois moi-même avions des répits d’insouciance. Pendant les bombardements les moins lourds, par exemple, nous jouions vraiment aux indiens dans les couloirs sinistres des caves. En 1943, l’angoisse a pris le dessus. On disait que la guerre ne finirait jamais, qu’on allait devoir parler allemand…les horreurs de la Kommandantur commençaient à filtrer. On m’a demandé si j’avais peur de mourir. J’ai dit « non, si ça va vite ». La terreur était d’étouffer sous les décombres. Mais nous étions sûrs d’aller au ciel, vu ce que nous subissions, et les « Boches » en enfer. Il fallait bien se rassurer, ça nous aidait, ça nous vengeait.

EDILIVRE : Il est beaucoup question d’adversité et de tolérance dans votre livre, que ce soit dans la vie de Léonello racontée par Vincent ou dans le journal intime de ce dernier. Quel est le message que vous avez souhaité faire passer par le biais de cet ouvrage ? A qui est-il adressé ?

Suzanne Alexandre : Votre question mérite un ouvrage de philosophie ! Résumons : le problème de la tolérance, comme tout ce qui dépend de critères et de limites est loin d’être résolu. Tolérer que d’aucuns aient plus de beauté, de talents, de charisme, de moyens que vous, mille fois oui. (ce n’est pas toujours le cas.) Tolérer qu’on ait un autre aspect, parle une autre langue, ait d’autres goûts, d’autres croyances, bien sûr ! D’autres mœurs ? Attention. D’autres principes avec applications pratiques , d’"inhumanisme", par exemple ? Les imposer par la violence ou la séduction ?...on devient vite intolérant. Mon Mordeshaï, qui, en son temps, voulait être chasseur de Boches…comme je le comprends. C’était peut-être Serge Klarsfeld ou Simon Wisenthal… Les Allemands ne sont plus du tout les mêmes. Toutefois, l’hydre est pourvue d’autres têtes, redoutables de par le monde.

EDILIVRE : Vous enseignez les lettres au lycée H. Bergson à Paris. Vos élèves savent-ils que vous publiez un livre ?

Suzanne Alexandre : J’ai enseigné jusqu’en 1994. Heureusement. Je ne suis pas tolérante quand il s’agit de la formation des générations futures ! Mais je suis restée amie avec quelques uns, nous avions formé une troupe de théâtre. Ils me laissent espérer de bonnes notes. Souhaitons qu’elles influencent les lecteurs.

EDILIVRE : Maintenant que ce premier livre est bel et bien publié, est ce que vous envisagez de renouveler l’expérience ?

Suzanne Alexandre : Oui…j’ai commencé quelque chose, nous verrons jusqu’où cela ira, si Edilivre aura un coup de cœur…ou un coup de pied !

  
EDILIVRE : Et si vous étiez … ?
Un vêtement : "la chemise (de nuit) brodée de ma grand’mère . Inusable."
Une plante : "un polownia. Le bois le plus léger, et des grappes de fleurs bleues.
Un véhicule : "un deltaplane (je suis bien incapable de le pratiquer !) "
Mais je réponds à des vœux… En réalité, je serais : Un tablier qui ne craint pas les taches, un arbuste en automne (rouquin et maigrichon), n’importe quel véhicule qui ne tombe pas en panne.

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Découvrez Léonello, roman historique original de Suzanne Alexandre
 
 


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