Bibliothécaire, une mission impossible ?

Le métier, classé parmi les dix professions « les plus agréables », est sévèrement malmené. Si les amateurs de lecture et de livres le considèrent toujours comme l'occasion de conjuguer passion et travail, il ne fait cependant plus l'unanimité.

bibliothèque_EdilivreLes clichés face à la crise
Un lieu confiné, une atmosphère détendue, des manuscrits délicatement disposés, des visages bienveillants, voici les idées reçues que l'image d'Epinal véhicule quand on évoque les termes « bibliothèque », « bibliothécaire ». En apparence, le métier comprend d'incontestables avantages. Autorisant un accès illimité à la culture, il offre de nombreuses perspectives d'évolutions de carrière, aussi bien dans les collèges, les lycées, que dans les collectivités municipales. Pourtant, face à la crise financière, la profession connaît des tumultes majeurs. Pour résoudre leurs dépenses, les états occidentaux ne rémunèrent plus leurs bibliothécaires. Ceux-ci travaillent sur la base du volontariat, au même titre, par exemple, que les bénévoles de la Croix Rouge. En France, l'Etat fait d'ailleurs appel à bon nombre de contractuels qui remplacent les retraités, et les « congés maternités ». Pour un salaire moindre, ces derniers effectuent le même travail que leurs congénères.

La Grande-Bretagne, exemple-type
Un archipel européen illustre à lui tout seul cette situation précaire : le Royaume-Uni. Les bénévoles remplacent peu à peu tous les salariés, restriction de budget oblige dans la patrie des Windsor. Les établissements de prêt menacent de fermer les uns après les autres si les volontaires n'affluent, le gain d'argent restant la cause évidente. Pas moins de deux cent d'entre eux ont mis les clés sous la porte durant l'année 2012 et les difficultés s'accentuent depuis ces trois dernières années. Selon une étude rapportée par le Bookseller, 12% des bibliothèques du pays trouveraient leur compte dans cette solution. Les bibliothèques communautaires financées par le Council, conseil privé des souverains, comptent trente fois plus de bénévoles que de rétribués.

 Aux Etats-Unis, quelques bibliothécaires d'exception
L'américaine Jo Budler travaille dans une bibliothèque du fin fond du Kansas. Auréolée du titre de « bibliothécaire de l'année » par le Library Journal, cette femme de tête est célèbre chez elle et outre-Atlantique. Résistant aux restrictions de budget qui menaçaient son établissement, la Kansas Library, elle a utilisé un service de prêt pour transférer des licences d'e-books menacées par une hausse des coûts administratifs.Jo_Budler_Edilivre Mais Jo Budler ne figure pas parmi les seules bibliothécaires qui résistent face à «l'envahisseur économique ». L'une de ses consœurs, Nancy Pearl, s'est considérablement faite remarquée l'an passé et connaît, à l'heure actuelle, les chemins du succès et de la prospérité financière. A la fois auteure, critique littéraire, cette dernière est connue pour sa grande érudition littéraire. Elle a notamment rédigé Book Lust Rediscoveries où elle témoigne de sa passion pour la littérature et la lecture. Son projet, soutenu par Amazon, nous promet la publication de six ouvrages par an. Que pensez-vous de l'avenir des bibliothécaires ?

Article écrit avec la participation de Camille 


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