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Patrick LAGNEAU
Rencontre avec… Patrick LAGNEAU
Auteur de La petite boîte d'albâtre

EDILIVRE : Patrick Lagneau, vous êtes l’auteur de La petite boîte d’albâtre paru aux éditions Edilivre en Juillet dernier. En quelques mots et pour ceux qui n’ont pas encore lu le livre, c’est l’histoire d’un couple heureux Claude et Liliane. Ils fêtent leur septième anniversaire de mariage au restaurant. Sur le trajet du retour, il se produit un incident. Claude tombe dans le coma. Il apprend à son réveil que sa femme est décédée et que son corps a déjà été incinéré. Claude accuse mal le choc et s’apprête à sombrer quand son destin croise une vieille femme qui va mettre entre ses mains, son destin sous forme d’une gélule... On ne va pas tout révéler bien entendu !
L’écriture d’un livre est indéniablement un engagement de la personne, corps et esprit ; une véritable aventure. Qu’est-ce qui vous a donné l’envie d’entreprendre ce roman ?

 
Patrick LAGNEAU : Pour moi, l’idée d’écrire ce roman n’est pas venue sur un coup de tête. C’est une maturation, une gestation pendant lesquelles l’esprit se nourrit des expériences vécues, de rencontres, de lectures, de chemins de traverse. Et au-delà de ce stockage inconscient d’informations, j’ai eu, depuis toujours, l’envie, le besoin d’écrire. Avoir entre les mains un stylo (aujourd’hui un clavier) et une feuille blanche (aujourd’hui un écran) est une invitation à l’aventure, une incitation à la découverte d’histoires et de personnages qui n’existent pas encore. Quelle délectation que voir apparaître les mots qui, liés les uns aux autres, forment des phrases, puis des paragraphes dont la structure crée la narration.
Pour me lancer dans l’écriture de ce roman en particulier, je suis parti d’un constat. J’ai eu longtemps comme centre d’intérêt dans mes lectures une constante : le temps ! Tous les romans que j’ai lus sur ce thème sont vraiment mes racines. Comme il m’avait semblé, humblement, avoir épuisé ce qui se faisait de mieux sur le sujet, je me suis dit : puisque je ne trouve plus rien sur ce thème, je vais moi-même écrire des histoires. Je me suis donc rôdé avec une nouvelle, mais ce qui a été le véritable détonateur, c’est l’informatique et le traitement de texte. Je suis quelqu’un de très ordonné, aussi, taper ces mots, ces phrases, ces paragraphes avec une lisibilité et une présentation quasi « professionnelles » ne pouvait que m’enthousiasmer. D’autant plus que les possibilités de rectifications, par suppressions, ou par « copiés-collés » permettent de progresser avec toujours la même efficacité dans la présentation.
De plus, j’avais noté pendant de nombreuses années, des idées relatives à mon thème de prédilection. En tout cas, suffisamment pour commencer à réfléchir sérieusement à la trame de mon roman. Et pour tout ce qui est de l’ordre de l’imagination et de la créativité, j’ai un endroit bien à moi pour réfléchir : sur mon vélo. Quand je traverse les paysages de ma Lorraine natale, en dilettante, (le Tour de France n’est pas pour moi), les projets naissent. Seul sur ma bicyclette, mis à part pédaler, je n’ai que ça à faire. Réfléchir. En général, c’est de là que viennent mes meilleures idées. Et c’est là qu’est naît la trame de La petite boîte d’albâtre.

 
EDILIVRE : Que retenez-vous de ces mois d’écriture ?
 
Patrick LAGNEAU : Le fait le plus marquant est une découverte sur moi-même. J’aimais écrire avant de me lancer dans ce roman, mais j’ai ressenti une sensation nouvelle que je ne me connaissais pas, l’addiction. Je travaille environ trois, quatre heures par jour, le matin, quand mon emploi du temps me le permet. Il m’arrive parfois d’abandonner pendant deux ou trois jours mon récit, et je ressens alors le manque. Mes personnages me manquent, mon histoire me manque. Certaines nuits, il m’arrive d’en rêver. Mon subconscient poursuit le cheminement de mon imagination, à tel point que parfois, je me réveille avec à l’esprit les pistes que mon subconscient a tracées pour moi. Cela me réveille et dans ces cas-là, impossible de me rendormir. Alors je me lève et il ne me reste plus qu’à mettre en forme littéraire les souvenirs de ces pistes. Quand vous me posiez la première question, vous me disiez justement que l’écriture d’un livre est un engagement de la personne, corps et esprit. Oui, je le confirme. Nous sommes habités par les personnages, nous les côtoyons, et bien souvent, ce sont eux qui dirigent le récit. Ils ont leur propre vie, leurs choix, leur libre-arbitre, et en tant qu’auteur, on ne peut pas leur faire dire ou faire n’importe quoi.
Dans La petite boîte d’albâtre, à un moment, Charles rencontre Claude sur une place de Bar-le-Duc pour un échange tendu, qui explique au lecteur comment la personnalité de Charles a été construite dans son adolescence. Il m’est arrivé, après l’écriture de ce passage de passer à pieds sous la statue du Maréchal Oudinot où, dans mon esprit, a eu lieu cette rencontre et de me dire : « Tiens, c’est là que ça s’est passé… ». Presque les aurais-je vus…
Toute cette fantasmagorie montre bien à quel point l’esprit et le corps sont engagés dans le processus d’écriture.
Un autre point également à souligner. Pendant la période d’écriture du roman, il m’est impossible d’entrer dans le roman d’un autre auteur. La concentration fait défaut, car mobilisée ailleurs.

 
EDILIVRE : Avant La petite Boîte d’albâtre, vous aviez déjà une activité littéraire orientée vers le récit court, la mise en scène et le scénario. Votre passage d’un style plutôt scénique et cinématographique au roman est une belle réussite. Ce nouveau type d’écriture a-t-il constitué une difficulté pour vous ?
 
Patrick LAGNEAU : Pas vraiment une difficulté en soi dans le sens où le processus de créativité est le même. Il faut toujours raconter une histoire qui tienne la route. Un héros doit atteindre un objectif, rencontrer des adjuvants, des obstacles, jusqu’au dénouement libérateur. Quand on écrit des scénarios, on pense d’abord en images. On se projette un film qui n’existe pas encore sur son écran intérieur et puis vient l’écriture. L’image doit parler, le dialogue vient après.
Pour le roman, le principe est le même pour la structure, mais la grande différence est que toutes les images doivent être suscitées et transmises au lecteur. C’est une suggestion qui se transforme en autosuggestion. Et enfin, le plus, c’est la psychologie des personnages, leurs sentiments, leurs envies, leurs émotions, que l’on doit traduire par des mots, et qui vont transformer les personnages fictifs en véritables êtres humains. Là, pas de jeu d’acteurs. Juste une perception du caractère des personnages pour lesquels le lecteur pourra avoir une empathie ou pas.

 
EDILIVRE : La petite Boîte d’albâtre mêle une histoire d’amour à une trame fantastique, le tout dans un style contemporain, ce qui semble traduire des influences multiples. Confirmez-vous ? Quel a été le matériau de ce roman ?
  
Patrick LAGNEAU : Comme je l’ai dit auparavant, mon thème de prédilection est le temps. Le temps qui passe, les outrages du temps, le voyage dans le temps… Donc là, ce sont les racines. Les écrivains contemporains comme Marc Lévy, Dan Brown, Harlan Coben, m’ont influencé par le style incisif de la narration, avec une touche fantastique pour Marc Lévy dans laquelle je me suis complètement retrouvé. Je n’ai découvert Guillaume Musso qu’après l’écriture de La petite Boîte d’albâtre. Mais j’aime la trame de ses romans, dans lesquels réalisme et fantastique se côtoient dans un suspense toujours haletant.
Sans dévoiler le contenu de mon roman, l’idée de base était que Claude rencontre une vieille dame qui lui remet quatre pièces d’un euro. S’il parvient à offrir ces quatre pièces à quatre personnes âgées et qu’elles les acceptent, alors il pourra revivre quatre fois la dernière année de sa vie de couple avec sa femme, pourtant décédée. Je me suis très rapidement rendu compte que c’était un pari insensé que de raconter quatre fois les mêmes situations, d’où la gélule offerte par Louise pour que Claude ne revive qu’une seule fois, mais intensément, cette dernière année.

 
EDILIVRE : Il existe un long chemin à parcourir entre l’écriture d’un livre et sa publication. Comment avez-vous choisi de l’emprunter, et comment le voyage s’est-il déroulé ?
 
Patrick LAGNEAU : Une fois le manuscrit terminé, je l’ai fait relire par plusieurs personnes, et leur avis m’a permis de mieux cerner parfois le caractère de mes héros. A force de vivre avec les personnages, des fractions de leur vie restent floues pour les autres, il faut réajuster, préciser, affiner, peaufiner, pour rétablir l’équilibre entre les personnages que j’ai imaginés et la perception que les lecteurs en ont.
J’ai envoyé ensuite le manuscrit retravaillé à plusieurs maisons d’édition, quatre m’ont répondu dont la vôtre. Ce qui a fait la différence est que deux d’entre elles me demandaient pour la publication, 2800 euros pour la première, et 3200 euros pour la seconde. La troisième avait bouclé sa programmation littéraire pour l’année ( ?). Et puis Edilivre m’a offert spontanément et très rapidement un contrat. Je me demande encore si je n’ai pas rêvé. Mais les contacts que nous avons ensemble sont là pour me prouver le contraire.

 
EDILIVRE: Avez-vous destiné ce livre à un public en particulier ?
 
Patrick LAGNEAU : A priori, non. A la fois fantastique et sentimental, avec un suspense permanent, il ravira, je pense, celles et ceux qui aiment se laisser emporter avec enthousiasme par un récit exaltant jusqu’au dénouement.
 
EDILIVRE : Outre le nôtre, positif, avez-vous déjà eu des retours sur votre ouvrage ? Qu’en ressort-il ?
 
Patrick LAGNEAU : Les premiers retours sont plutôt positifs. Il paraît que l’on aimerait rapidement arriver au terme de la lecture pour en connaître le dénouement. Ce qui fait lire La petite Boîte d’albâtre très rapidement.
 
EDILIVRE : Avez-vous des projets littéraires en cours ? Futurs ?
 
Patrick LAGNEAU : Oui. Un second roman est en cours d’achèvement. Son titre : Les voyages temporels d’Archibald Goustoquet. Une autre histoire autour du temps. Et même comme l’annonce le titre, autour des voyages dans le temps.
En fin d’écriture de ce second roman, je me suis aperçu que les personnages avaient encore des choses à faire dans leur vie propre. Le cycle de leurs aventures n’est pas terminé. Il y aura donc encore au moins deux tomes après celui-ci. Et pour l’auteur, de quoi alimenter l’addiction.

 
EDILIVRE : Marc Lévy ou Guillaume Musso ? (Pourquoi ?)
 
Patrick LAGNEAU : Les deux mon général ! Marc Lévy m’a bluffé avec son premier roman Et si c’était vrai et depuis j’aime lire ce qu’il écrit. J’ai été un peu déçu par Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites car j’ai ressenti un manque de crédibilité dans sa proposition qui m’a suffisamment perturbé au point de ne pas entrer dans la narration. Comme je l’ai précisé plus haut, il m’est difficile de me lancer dans une lecture pendant que j’écris. Maintenant que Les voyages temporels d’Archibald Goustoquet sont terminés, je vais sans doute refaire une tentative. Car il y a de la frustration à ne pas aller au bout d’un Marc Lévy.
Quant à Guillaume Musso, j’aime me faire balader dans ses histoires fantastiques dont la narration est quasiment cinématographique. Il y a du visuel chez cet auteur-là. Et j’aime ça.




Maxime MORAND
 
Rencontre avec… Maxime MORAND
Auteur de Au nom de l’avenir


EDILIVRE : Maxime Morand, vous êtes à 16 ans, le jeune auteur de l’essai Au nom de l’avenir publié en juin dernier aux éditions EDILIVRE. Comme vous l’avez signalé avec l’éditeur sur la présentation du livre puis au cours de la conférence de presse organisée lors de la publication, en présence de Bernard Accoyer, ce livre est un message d’espoir à destination des citoyens pour renouer avec le sens politique.
On entend souvent parler aujourd’hui du manque d’engagement en politique d’une jeunesse désabusée. Le projet que vous avez mené à bien cette année vous oriente à contre-courant de cette tendance. Quel a été l’élément déclencheur, sinon moteur de votre engagement en politique ?
 
Maxime MORAND : Vous savez, l’origine de l’engagement politique – et même de l’engagement en général – est une succession de rencontres, de débats… Bien évidemment, la dernière élection présidentielle a été la source de multiples débats. Ce phénomène a été amplifié par l’entrée de nouveaux visages sur la scène politique. Mme ROYAL et Mr SARKOZY ont à leur manière réconcilié une part des français avec les affaires publiques. Pour ma part, l’élection présidentielle n’a pas été le seul moteur. D'abord, ma rencontre avec Bernard ACCOYER (à l’époque Président du groupe UMP à l’Assemblée nationale) m’a encouragé à m’engager. Ensuite, mes premiers vœux adressés devant un ancien Premier-Ministre (en l’occurrence Jean-Pierre RAFFARIN) et une audience de 800 personnes m’ont « passé le virus ! » C’est dans cette situation que vous prenez conscience que la politique est une réponse à des questions, à des attentes.
 
EDILIVRE :Comme vous l’avez dit, vous avez l’année dernière, prononcé un discours devant 800 personnes à l’occasion d’un déplacement de Jean-Pierre Raffarin à Cluses. Quelles émotions, quels sentiments avez-vous ressentis dans ce rôle d’orateur ?
 
Maxime MORAND : Comme je vous l’expliquais, s’adresser à la foule c’est prendre ses responsabilités et accepter d’apporter une réponse à des questions. En prenant la parole, on prend le risque de décevoir ou créer de faux espoirs. Personnellement, je veux faire très attention à cela. Je préfère entendre CHURCHILL promettre du labeur à ses concitoyens tout en maintenant un certain optimisme, plutôt que d’entendre des discours empreints de démagogie et d’idéalisme. C’est ce que je me suis dit par la suite, parce qu’il est facile de mentir lorsque vous êtes sous les projecteurs. Contrairement à ce que l’on pense, il est plus facile de mentir à 800 personnes qu’à une seule !
Concernant les émotions, vous l’imaginez, elles ont été intenses. Réussir à prendre la parole devant une audience déjà conséquente en compagnie de celui qui a été Chef du Gouvernement et de Mr ACCOYER désormais Quatrième personnage de l’État est l’aboutissement d’une part d’un rêve d’enfance !
 
EDILIVRE :Vous écriviez déjà régulièrement des articles sur votre blog, et passez aujourd’hui au niveau supérieur avec un livre. Comment avez-vous géré ce nouveau type de travail ? Quelles ont été les principales difficultés au cours du travail de rédaction ?
 
Maxime MORAND : Non, je n’écrivais pas si « régulièrement sur mon blog. » Le problème avec les blogs, c’est le temps que l’on y passe… C’est en partie pour cela que j’ai décidé d’écrire un livre. La virtualité des blogs ne fait pas entrer les mots dans l’histoire ; du moins pas pour le moment ! Les blogs sont utiles lorsque votre notoriété est déjà établie…
Amoureux de l'invention et de la création, c'est naturellement que la passion de l'écriture m’est venue. Contrairement aux idées reçues, je n’ai pas déclaré de passion farouche pour le français et la grammaire, au collège ! Ce n'est que lors de ma première année de lycée que j’ai réellement pris conscience du pouvoir des mots. Parfois, la conjoncture fait que les mots passent du cœur au papier. Vous savez, j’ai coutume de dire que la plume est une arme pour la vie.
En commençant à écrire, j’avais un plan succinct de mon propos. Certains passages ont été plus faciles à écrire que d’autres, mais à force du travail méticuleux de mes relecteurs, nous sommes arrivés à un essai abouti. Un vrai essai ! Le plus dur a été de lier deux points de vues : d’un côté la tentation de prendre un ton trop professoral et de l’autre, de rester ancré dans la peau d’un adolescent, autant dans la forme que dans le fond.
 
EDILIVRE :Ne craignez-vous pas que votre jeune âge limite la portée de vos écrits ?
 
Maxime MORAND : Non. Et quand bien même ce serait le cas, je ne m’en inquiète pas. C’est un véritable essai que j’ai signé, dans le sens où c’est mon premier livre. Un « coup d’essai » qui ne restera pas sans suite.
Au contraire, je crois qu’il est intéressant de lire le point de vue d’un jeune, au sujet de la jeunesse. Par exemple, en dénonçant la société du paraître, en affirmant que celui ou celle qui boit, qui se drogue pour « mieux s’amuser » signe en réalité la preuve de son mal-être, je crois être le seul adolescent à l’écrire. Peu m’importe si j’en fais les frais maintenant. Je veux dire la vérité : ma vérité sur cette jeunesse. Le Général De GAULLE disait « Soyons fermes, purs et fidèles ; au bout de nos peines, il y a la plus grande gloire du monde, celle des hommes qui n'ont pas cédé. »

Donner de nouvelles perspectives, inviter les jeunes à être en phase avec la réalité tout en conservant des idéaux (de style de vie, politiques, pour l’avenir, personnels, et pourquoi pas de romantisme ?!) me semble être plus que jamais nécessaire. En politique, il faut voir en grand ce qui nous parait parfois petit.
Beaucoup m’ont adoubé du titre de « plus jeune essayiste de France. » Si cela est vrai, il me semble que cette « autre voix de jeunes » devrait être entendue. Je veux écrire pour ouvrir un débat avec la jeunesse et plus largement avec tous les français… Je veux écrire pour dire que tout n’est pas fini !
 
EDILIVRE :Votre livre a été préfacé par Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale. Que retenez-vous de cette collaboration avec un personnage aussi important dans la vie politique française ?
 
Maxime MORAND : Je vais vous dire la vérité : ce n’est pas se comporter en « groupie » que de dire que Bernard ACCOYER est probablement la personne la plus intelligente avec laquelle j’ai pu collaborer. Pouvoir débuter en compagnie d’un homme discret mais réfléchi et très influent est une immense chance. Je retiens beaucoup d’émotion de cette collaboration puisqu’il m’a fait « naître » sur la scène politique. Je retiens ses conseils empreints de sagesse, son courage et son franc parlé. Bernard ACCOYER est l’incarnation de la droiture et de la fidélité en politique.
C’est à ses côtés que j’ai compris qu’une grande vie est une vie mise au service de quelque chose de plus grand que soi.
 
EDILIVRE :Vous avez eu les premiers retours des lecteurs concernant votre ouvrage. Qu’en ressort-il ?
 
Maxime MORAND : Écoutez, je ne peux pas être juge et parti. Je vais donc être très bref. Bien entendu, on m’a fait des compliments, mais est-ce parmi mes proches que j’aurai les meilleures critiques ? Je ne le crois pas !
 
EDILIVRE :Comment envisagez-vous la suite de votre parcours en politique ?
 
Maxime MORAND : D’abord les études ! La prépa, c’est du sérieux et il va falloir s’accrocher ! Ensuite, je verrai là où la vie me mènera. Je veux me lever pour avancer de nouvelles perspectives. Nouvelles technologies, mondialisation raisonnée… J’ai l’ambition de réconcilier la jeunesse avec l’avenir, et la mesure des choses. La frivolité de notre époque peut devenir un véritable handicap pour la suite. Il faut responsabiliser les français, et pour cela leur dire la vérité. Les inciter à formuler leurs propres idéaux de grandeur tout en ne faisant l’impasse sur la moindre réalité. N’oublions pas que le rêve est la principale force de la jeunesse. Je vous l’ai dit : je veux conjuguer les rêves avec la réalité : c’est cela le sens de l’engagement politique.
Je vais vous dire une chose : la pente sera rude, mais la route est droite !
 
EDILIVRE :Delanoé ou Royal ?
 
Maxime MORAND : Là, ce sera aux militants socialistes de décider.
Maintenant, parce que je veux être juste et intègre, je vous dirai quand même que pour le bien de la démocratie, le meilleur candidat doit être élu. Et le meilleur, c’est celui qui porte avec charisme le meilleur projet. Même si je ne rejoins pas ses opinions, je crois qu’il est clair que Mr DELANOÉ est de loin celui qui incarne le plus une certaine grandeur.
Encore une fois, aux socialistes de choisir entre une opposition constructive ou une inoffensive arrogance…


EDILIVRE :Quels ont été vos soutiens, vos appuis dans les moments difficiles ?
 
Maxime MORAND : Je vous le dis, pour s’engager, il faut de la volonté, et surtout être passionné. Le revers de la médaille, c’est que l’on finit par dépendre du regard des autres. Eh oui, on s’assume comme nous-mêmes à travers le regard des autres ! Dans les moments difficiles, rien de tel qu’un petit instant de gloire pour vous redonner confiance en vous ! Mais il faut prendre ces étapes avec humilité et surtout avec philosophie. Ce n’est parce que l’on a le vent en poupe que l’on a forcément raison ! Nous devons garder une ligne de conduite : une certaine rigueur à l’égard de nos idées. Éclairer une partie de sa vie à la lumière de celle d’autrui n’est pas toujours chose facile.
J’ai beaucoup appris le jour où un américain m’a dit : « If you’re sure to be right, stand UP ALONE !!! »
Vous savez, une amie me confiait l’autre jour, à propos de mon engagement : « ça fait grandir plus vite… » Et elle avait raison ! ROSTAND disait qu’« être adulte, c’est être seul… » Je ne suis pas sûr ! Toutes les grandes choses se font à plusieurs, même si la solitude est le prix à payer au départ. Ma force, mon appui, réside dans le regard des autres pondéré par ma ligne de conduite politique. Adulte, on puise l’essentiel de sa force dans le passé, dans la naïveté de l’enfance et la révolte de l’adolescence. Si la rigueur de notre engagement nous permet de rester intègres, n’oublions pas ce qui est profondément humain : l’émotion, le cœur. C’est comme ça que vous gagnerez.




Marie Elise Sauvegrain
 
L'ouvrage de Marie Elise Sauvegrain, L'arbre brisé, a été publié en Juin 2008 dans la Collection Coup de Coeur d'Edilivre.
EDILIVRE :  En écrivant ce livre, avez-vous été parfois dans la retenue ou avez-vous décidé alors de tout dévoiler ?

Marie Elise Sauvegrain : Je n’ai pas tout dévoilé parce qu’il ne s’agissait pas d’un « règlement de compte », je suis restée respectueuse de certains sentiments enfuis au fond de moi afin de préserver mon jardin secret, aussi petit soit –il. 

EDILIVRE : D'après vous, qu'est ce qui a fait que vous avez réussi à sortir de situations extrêmes, là où d'autres auraient pu lâcher prise ? 
Marie Elise Sauvegrain : L’amour pour mes enfants m’a permis et permet encore aujourd’hui de TOUT surmonter. Il me semble d’ailleurs que c’est valable pour toute Maman digne de ce nom. Ce livre est un message et montre qu’avec ce sentiment on est capable de remonter ses manches et de faire face à de telles épreuves. 

EDILIVRE :  Vous nous décrivez une mère au comportement plus qu' ambigü au moment de la guerre, attirée par l'argent et sadique avec sa fille. Pouvez-vous expliquer son comportement aujourd'hui ? 
Marie Elise Sauvegrain : Je pense qu’elle a voulu se venger de l’image que je représentais à ses yeux. Quant au niveau de son amour pour l’argent, il me semble qu’elle ne voulait pas en manquer et qu’elle voulait continuer le train de vie qu’elle avait toujours connu (adorant le pouvoir, elle exécrait la médiocrité).

 


EDILIVRE : Il est facile de comprendre votre démarche d'écriture, ne serait-ce que pour mettre enfin des mots sur vos maux mais n'avez-vous pas craint d'être trop exposée au regard du lecteur ?  

Marie Elise Sauvegrain : Non parce que ce livre est un message et comme tout message, il a besoin d’être délivré au plus grand nombre. D’autre part, je ne m’inquiète pas du regard des lecteurs car ce que j’ai vécu est réel et chacun peut se retrouver dans cette histoire.
EDILIVRE :  Que représente ce roman pour vous ? 
Marie Elise Sauvegrain : L’aboutissement de toute une vie (qui je l’espère est encore loin d’être terminée) et particulièrement de 5 ans de travail acharné sur cet ouvrage. D’autre part, la fierté que je lis dans les yeux de mes enfants me rempli de bonheur.
EDILIVRE :  Quelle a été l'étape la plus difficile dans ce projet ?  
Marie Elise Sauvegrain : Le début du livre fut pénible car il a fait ressurgir en moi toutes les douleurs du passé. Pendant la réalisation de mon livre j’ai perdu espoir à maintes reprises, doutant de l’intérêt que pourrait susciter mon livre auprès des éventuels lecteurs. Le dernier moment long et difficile fut sans aucun doute l’attente d’une édition possible.

EDILIVRE :  Quelles sont vos références littéraires ? 
Marie Elise Sauvegrain : Hé bien, aussi étonnant cela puisse t-il paraître je ne suis pas très attirée par la lecture (je lis beaucoup d’articles, je regarde pas mal de documentaires et d’émissions littéraires).

EDILIVRE :  Quels sont vos projets futurs ?  
Marie Elise Sauvegrain : Un deuxième livre et, pourquoi pas, un téléfilm sur mon premier livre …. La chance m’ayant déjà souri …qui sait !
EDILIVRE :  Croatie ou Turquie ?  
Marie Elise Sauvegrain : Je ne connais ni l’un ni l’autre mais serait ravie de m’y rendre dès que mes finances me le permettront !

 


EDILIVRE :  Anna Gavalda ou Amélie Nothomb ? 
Marie Elise Sauvegrain : J’en ai beaucoup entendu parlé.
 
Entretien réalisé le 21/06/08
Marie Elise Sauvegrain est l'auteur de L'arbre brisé, publié en Juin 2008 dans la collection Coup de Coeur d'Edilivre 
 
  

 
 
 

 
Stéphane J.X Beaumont

 
L'ouvrage de Stéphane J.X Beaumont, Optimiser les Projets par les Fonctions Support a été publié en Mai 2008 dans la collection Universitaire d'Edilivre. 


EDILIVRE : Existe-t-il un fait marquant dans votre parcours qui vous a incité à écrire cet ouvrage ?
Stéphane J.X Beaumont : C'est mon parcours professionnel dans son ensemble, résolument tourné vers l'international, qui a sans doute accéléré cette nécessaire vision globale des fonctions support d'un projet que je prône dans mon ouvrage et qui, d'après moi, doit être au coeur de la réflexion des entreprises aujourd'hui.

EDILIVRE : Peut-on apercevoir un lien entre votre ouvrage et votre activité professionnelle (passée, présente et future) ?
Stéphane J.X Beaumont : Je me suis toujours efforcé d'exercer mon activité professionnelle en mode projet. Cela implique une double prise de conscience : d'abord, un Projet peut transformer en profondeur les fonctions les plus traditionnelles de l'entreprise (dont le Droit); mais il exige aussi des équipes qui lui sont dédiées qu'elles soient durablement intégrées et non plus seulement interfacées.
EDILIVRE :  <!--[endif]-->Sur quels points pensez-vous que votre livre peut Optimiser les grands projets ?
Stéphane J.X Beaumont : Il faut voir mon livre comme une démarche qui met à la disposition du professionnel, de façon pragmatique et concrète, non seulement les Process qui vont faciliter chaque étape d'un projet mais également les recommandations visant à organiser les compétences. En outre, il souligne la nécessaire mise en place d'Indicateurs de Performance pour accompagner, optimiser et pérenniser les meilleures pratiques.
EDILIVRE : Vous identifiez votre ouvrage comme traitant du « Management des compétences techniques nécessaires au bon fonctionnement des grands projets complexes ». Quelles sont ces compétences techniques nécessaires ?  <!--[endif]--> 

Stéphane J.X Beaumont : Les compétences support (notamment juridiques, fiscales et financières, analyse des risques) permettent aux équipes opérationnelles d'un projet complexe de rester dans leur cœur métier. Elles facilitent ainsi l'atteinte des objectifs en prenant en charge les problématiques transversales communes à tous les projets. Et cela est d'autant plus important que l'on sait que la tendance actuelle des entreprises est de se focaliser sur le risque projet et non plus sur le risque politique.
EDILIVRE : Combien de temps vous a-t-il été nécessaire pour finaliser votre projet ?
Stéphane J.X Beaumont : Ce livre n'est qu'une étape. La prochaine version sera enrichie et devra prendre en compte de nouveaux aspects émergents comme par exemple : des Cartographies décisionnelles affinées,  le périmètre de l'Intelligence économique, une réflexion autour des Fonds Souverains… <!--[endif]-->
EDILIVRE : Comment en êtes-vous arrivé à la publication ?
Stéphane J.X Beaumont : Je pense que la publication s'inscrit dans la suite logique, voire la progression naturelle de toutes les actions de formation et de transfert de savoir que je mène depuis plusieurs années.
EDILIVRE : Quels sont vos projets futurs ? 
Stéphane J.X Beaumont : Parce qu'aujourd'hui comprendre, respecter et intégrer l'environnement rend les projets durables, il convient d'intervenir sur toute la chaîne de valeur de leurs fonctions support. A court terme cela se traduira, sans doute en priorité, par  le développement d'offres de services à l'international dans les trois domaines de prédilection qui sont les miens : la Fiscalité, le Développement et l'Organisation de projets internes ou externes, l'Expertise, notamment autour du traitement des Appels d'offres, Conférences et Séminaires stratégiques...
EDILIVRE : Envisagez-vous d’écrire d’autres ouvrages ? Si oui, quels pourraient être les thèmes abordés ? 
Stéphane J.X Beaumont : Il s'agira, comme j'ai eu l'occasion de le dire précédemment, d'une nouvelle version de cet ouvrage, mais enrichie par certains des thèmes déjà évoqués. Mais il pourra s'agir aussi d'une biographie historique d'une ou deux personnalités inattendues mais très marquantes.
 
 

Entretien réalisé le 18/06/08
Stéphane J.X Beaumont est l'auteur de Optimiser les Projets par les Fonctions Support, publié en Mai 2008
 

Rolande Clerc-Copin
 
L'ouvrage de Rolande Clerc-Copin, Les bonnes choses sont éternelles a été publié en mars 2008.
EDILIVRE : Votre récit a des allures de roman autobiographique, est-ce en partie le cas ? 
Rolande Clerc-Copin : Ce livre fait effectivement référence à tant de réalisme que régulièrement cette question revient en première instance. Nier serait mentir : oui il y a de l'autobiographie sur les deux héros, ils existent, mais cela reste un roman; la vérité étant parfois encore plus belle... Il faut savoir que nos deux personnages principaux romancés existent bel et bien, ils se situent parfois dans la vie comme décrits mais je ne peux en dire davantage car Vik est vraiment une personne discrète, pondérée et sur Lui, j'ai déjà beaucoup dit... Ce livre est vraiment le plus beau cadeau que je pouvais lui offrir. Voyages, situations et bien d'autres choses sont réels. J'ai construit ce livre en quelques mois tant celui-ci vivait en moi. Il m'a dépouillée, je me suis livrée comme jamais un auteur pourrait se livrer avec ses propres sentiments profonds; c'est pourquoi, sans doute, le roman donne cette richesse intense. Jamais personnages ne furent plus joliment décrits car ils sortent un peu de notre irréel dans lequel nous vivons. Ces personnages nous paraissent parfois célestes, dans la vraie vie, ils le sont. Je dirais qu'ils gardent ainsi tout leur mystère. Le lecteur reste ainsi fasciné, se posant d'immenses questions. L'auteur leur dit simplement : régalez-vous de ce roman d'amour, oui, l'amour vrai existe. Il est rare, forcément, l'important est en nous... le reste...

EDILIVRE : Existe-t-il pour vous plusieurs formes d'amour possibles ?

Rolande Clerc-Copin : Vaste question : l'amour. Sujet immortel, tout ce que chacun de nous recherche sur terre. Sans lui, aucune vie digne n'est possible. Amour. Passion. Tout cela va ensemble. Forcément. Donc plusieurs formes d'amour sont possibles, absolument. Allons à la recherche de l'amour, comme dans le roman, cette forme d'amour, celui que chacun souhaite au plus profond de lui, cet amour-là restant le plus compliqué bien entendu. On veut tous avoir un jour un tel amour autour de soi, de préférence qu'il dure, comme eux, éternellement; mais comme chacun de nous n'a pas toujours les mêmes envies, l'amour fort, puissant, s'avère bien compromis à cause de nos désirs surtout. Ils ne vont pas forcément toujours dans le même sens, il y a donc des chances pour que des complications apparaissent. Dans la vie, ce type d'amour où la relation amoureuse se fait en général à deux, atteindre l'amour absolu devient difficile, pour l'atteindre, comme dans le roman, l'héroïne donne la note : aimer avant tout l'autre plus que soi-même, aimer sans jamais demander en retour, juste simplement aimer et donner ce magnifique cadeau de soi.
EDILIVRE : Pourquoi avoir choisi le "jardin" comme arme de séduction ?

Rolande Clerc-Copin : La passion des fleurs tout simplement, pour les personnages du roman, comme pour les personnages existants.
EDILIVRE : Votre ouvrage est-il destiné à un public en particulier ?

Rolande Clerc-Copin : ... Non, juste à ceux pour qui l'amour, les gens, donnent un sens vrai à leur vie.

EDILIVRE : Que représente ce roman pour vous ?

Rolande Clerc-Copin : Le meilleur de moi, l'aboutissement complet de l'auteur, une profondeur intense dans l'écriture jamais égalée. Les remerciements éternels donnés à Vik, car sans lui, rien ne se serait fait, à commencer par l'écriture.

EDILIVRE : Comment en êtes-vous arrivée à la publication ?  
Rolande Clerc-Copin : J’ai tout simplement présenté l’ouvrage à plusieurs maisons d’édition, toutes celles présentées furent d’accord pour le publier. J’avais donc le choix. Il est vrai que je croyais en lui.
EDILIVRE : Quelles sont vos références littéraires ?

Rolande Clerc-Copin : 18° 19° siècle : littérature allemande, anglaise, russe. Et le reste est très éclectique.
EDILIVRE : Quels sont vos projets futurs ?

Rolande Clerc-Copin : Ecrire, encore et toujours...

EDILIVRE : Colette et Sagan ?

Rolande Clerc-Copin : Me sens pas trop concernée. Lu juste quelques ouvrages, dans un certain temps passé.  
EDILIVRE : Le fabuleux destin d'Amélie Poulain ou Un homme et une femme ?

Rolande Clerc-Copin : Amélie. J'ai aimé pour son côté douceur enfantine.
 
 Entretien réalisé le 12/06/08
Rolande Clerc-Copin est l'auteur de Les bonnes choses sont éternelles, publié en mars 2008
 
 
 

Muriel Tourbe
 
L'ouvrage de Muriel Tourbe, Sistérie, La cité des femmes, a été publié en mai 2008 dans la collection Coup de Coeur d'Edilivre.

EDILIVRE : Les relations hommes femmes prennent une place prépondérante dans votre récit. Pourquoi ?

Muriel Tourbe : La relation hommes femmes est la base de tout dans notre société. Je crois qu’il n’y a pas que dans 'Sistérie' qu’elle a une place prépondérante. Elle est l’essence même de notre vie, de l’enfance jusqu’à la fin…  Elle est le socle sur lequel nous construisons nos existences. C’est elle qui fait tourner le monde… Aucune histoire cohérente n’est possible sans cette opposition des sexes. Sistérie en est l’exemple ; l’homme est le grain de sable qui vient enrayer la machine unisexe ! Mais j’avoue que je n’avais pas ça en tête en écrivant. Avec le temps, le récit a évolué. Je me suis laissée guider par mon histoire ; c’est elle qui m’a emmenée où elle le voulait. Les personnages ont pris vie tout seuls. Ils sont devenus indépendants (comme certains éditeurs) et ne m’ont plus demandé mon avis pour évoluer. Il n’y a que sur la fin du récit que j’ai repris la main. Vous pensez bien que sinon, ils seraient encore en train de vivre leur vie, le livre ne serait toujours pas fini ! Plus sérieusement, je crois qu’une fois créés, les personnages d’un récit ont leur propre vie, après tout, ça n’est qu’une histoire sans prétention, ni message particulier.            
EDILIVRE : Avez-vous puisé le caractère rebelle d'Eden dans le vôtre ou représente-t-il un trait de caractère que vous auriez aimé avoir ? 

 


Muriel Tourbe : Je n'étais pas une enfant rebelle, mais je n'étais pas dans la norme. Eden me ressemble sur certains points. Je suis têtue (mon ami dit : "obtuse"), je supporte pas mal de choses mais quand je décide quelque chose, je ne reviens plus en arrière.

EDILIVRE : Pourquoi avoir choisi d'explorer le monde fantastique ?  
Muriel Tourbe : C'est un univers que j'affectionne depuis ma jeunesse, de plus il me laisse toute latitude pour laisser libre cours à mon imagination... Je peux inventer n'importe quoi sans besoin de coller à la réalité. J'aime me raconter des histoires depuis mon enfance. Elles me mangent, m'obsèdent, me phagocytent, exigent d'avancer, le fantastique me donne une liberté totale d'invention. Il faut juste rester cohérente dans l'histoire. Et pour ça, j'ai un correcteur qui ne me laisse rien passer !
EDILIVRE : Où trouvez-vous votre inspiration ? Souhaitiez-vous rendre une sorte d'hommage aux femmes ou aux hommes ?

Muriel Tourbe : Je ne souhaite rendre hommage à personne en particulier... J'ai des histoires plein la tête. Un roman chasse l'autre. Les idées arrivent sans logique et sans préméditation. Elles sont en moi, certaines croissent et donnent une histoire, d'autres s'évanouissent et disparaissent. Je le redis, je me trouve à écrire des histoires, tout simplement. Sans aucune prétention autre que celle de divertir mes douze lecteurs ! (Je plaisante, j'ai déjà des millions de fans !!!) Sans chercher à y mettre un quelconque message... A ce propos, une lectrice m'a déjà dit que j'avais un message féministe que j'allais devoir préparer des réponses aux questions qui ne manqueront pas de m'être posées à l'occasion de séances de dédicaces... Diantre ! S'il y a un hommage à rendre à travers 'Sistérie', c'est sans doute un hommage à l'amour, voilà tout ! Il devrait être plus fort que tout.
EDILIVRE : Votre ouvrage est-il destiné à un public en particulier ?

Muriel Tourbe : Pour l'instant, mon plus jeune lecteur a 14 ans et la plus âgée 88... Une bonne histoire trouve seule son public. Ce n'est pas que j'aie la prétention de dire que la mienne est bonne. Elle l'est peut-être pour certains, et pas pour d'autres. De plus, la profusion de publications fait qu'il est difficile d'avoir la démarche d'acheter quelque chose au hasard pour voir si cela va vous plaire. On attend toujours d'avoir lu ou entendu quelque chose à propos d'un livre avant de le lire. Alors croisons les doigts... Que tous ceux qui aiment rêver, s'évader et se laisse porter par des personnages ordinaires dans une aventure extraordinaire lisent mon livre. Et puis s'ils aiment, qu'ils en parlent à tous leurs amis... 
EDILIVRE : Que représente ce roman pour vous ?

Muriel Tourbe : Tout un pan de ma vie... Le résultat tangible, palpable, de cette irrépressible envie d’écrire. La fierté de tenir un exemplaire papier entre mes mains et de laisser une trace indélébile.
EDILIVRE : Comment en êtes-vous arrivée à la publication ?

Muriel Tourbe : Pour tout vous dire, j’ai écrit la première partie à 20 ans, puis cette histoire est restée en attente. J’ai repris l’écriture à 4O ans, ensuite j’ai soumis le résultat à votre comité de lecture. Nous connaissons la suite. Si vous l’avez retenu, j’ose imaginer que c’est parce que ce roman a un certain intérêt. Vous savez, à partir du moment où on crée quelque chose, qu’on soit écrivain, dessinateur, musicien, potier ou n’importe quoi d’autre, on a forcément envie de confronter notre création au public. On a besoin de son avis (on l’espère positif !). C’est obligatoire. A quoi servirait d’écrire et de remiser ses écrits dans des cartons ? A quoi servirait de faire des chansons et de ne les chanter à personne ? Mais c’est avec la maturité que j’ai compris ça et que j’ai osé... En ce qui me concerne, l’écriture fut le premier pas. L’édition, le deuxième. Maintenant, il reste l’avis des lecteurs.
EDILIVRE : Quelles sont vos références littéraires ?
Muriel Tourbe : Tous les grands classiques : Alexandre Dumas, Victor Hugo,  Molière, Georges Sand, Jean de La Fontaine... La poésie aussi. Quelques auteurs ont ma préférence : Sully Prudhomme, Marceline Desbordes Valmore, Guillaume Apollinaire... Dans la littérature contemporaine, James Hadley Chase, Marie Higgins Clark, Christian Jacq, Jeanne Bourrin, Patrick Süskind... J’aime lire de tout, je suis très éclectique dans mes lectures. Quand je suis dans une période d’écriture, je ne lis plus. Je ne veux pas être influencée. Par contre, autant je peux écrire la télé allumée, autant la musique me dérange et je suis dans l’incapacité de me concentrer. Je ne sais pas pourquoi.

EDILIVRE : Quels sont vos projets futurs ?

Muriel Tourbe : Un thriller fantastique que je viens de soumettre à votre comité de lecture et dont le titre est 'Bonsoir Mémé'. Je suis dans l'écriture du troisième, je repars dans le fantastique plus que jamais, mais de nos jours... Une histoire très tordue...  
EDILIVRE : Iron Man ou Indiana Jones ?

Muriel Tourbe : Ma préférence va sans doute à Indiana Jones. Chapeau à  Harrison Ford ! C’est le héros de notre génération de quarantenaires. Le quatrième volet est fidèle à l’esprit, je me suis régalée. Mais je dois dire que j’aime aussi Robert Downey Jr. qui joue lui dans Iron man, je l’ai découvert dans le film Chaplin. Sa performance d’acteur m’avait bluffée. Globalement les effets spéciaux des deux films sont très réussis. Pour Iron man je dirai même époustouflants ! Ce sont deux bons moments de détente.
EDILIVRE : Marillion ou Morcheeba ?
Muriel Tourbe : Inconditionnelle de Marillion , un groupe que j’ai découvert il y a 5 ans. Je suis toujours aussi émue par un de leur titre, Easter qui me fait toujours monter les larmes. Je viens de découvrir Morcheeba, j’aime beaucoup. Mais je n’écoute jamais de musique en écrivant.
 

Entretien réalisé le 12/06/08
Muriel Tourbe est l'auteur de Sistérie, La cité des femmes, publié en mai 2008
 
 
 
 
Fabienne Gil
 
L'ouvrage de Fabienne Gil, Laure Faradet, a été publié en avril 2008.

EDILIVRE : Votre récit débute un conte, le considérez-vous comme tel ?

Fabienne Gil :  Si l’on considère que le conte est un récit d’aventures imaginaires destiné à distraire, à instruire en amusant (définition du dictionnaire), et bien, on peut le considérer comme tel. De plus, mes personnages, comme dans les contes, sont très manichéens. On fait partie des gentils ou des méchants, mais on ne change jamais de catégorie. C’est un peu comme ça que les enfants voient le monde. Cependant, il n’y a pas de fin où la jeune fille pauvre épouse le prince ou bien les enfants pauvres deviennent riches et font ainsi le bonheur de leurs parents. Dans mon histoire, la richesse ne compte pas. D’où, tout l’or de Zraloska qui fait partie d’un décor et qui aura surtout servi à introduire la malédiction de Croagoulatera. J’ajouterai que les contes s’adressent généralement aux plus petits et que j’ai souhaité, en écrivant ce roman, m’adresser à un public un peu plus âgé. Et généralement, les contes sont  assez courts et ne relatent qu’une seule histoire. Ce qui n’est pas le cas de « Laure Faradet » puisqu’on y trouve deux histoires : la mission d’alphabétisation et celle de la libération d’une enfant. En conclusion, je dirais que mon récit n’est pas un conte, au sens des contes d’antan. Toutefois, Chantal Bezard-Falgas, mon illustratrice et amie m’a dit un jour que j’avais ré-inventé le conte pour en faire… le conte moderne. Alors peut-être est-ce cela ?

EDILIVRE : Pourquoi avoir choisi une poupée borgne comme transition entre les deux mondes, personnage à priori peu rassurant ?

Fabienne Gil : Je ne voulais pas que la transition entre les deux mondes se fasse par le biais d’un personnage. Un objet ne convenait pas sauf un objet théoriquement inanimé dans notre monde, mais qui pourrait, par l’effet de la magie, bouger et parler. Quoi de mieux qu’une poupée ? Maintenant cette poupée est effectivement borgne, ce qui peut paraître peu rassurant. Je ne voulais pas non plus d’un effet trop « fleur bleue ». Alors cette poupée, elle peut faire peur quand on ne la connaît pas. Vous savez aussi, que dans ce genre de récits, les enfants aiment avoir des frayeurs. Et puis, cette poupée borgne, elle surprend, parce que son visage doit être laid avec un œil en moins et en même temps, elle est toujours là pour aider les enfants à mener leurs missions. C’est un peu leur ange-gardien.
 
EDILIVRE : Existe-t-il une part de ce que vous êtes ou de ce que vous auriez aimé être en Laure ?

Fabienne Gil : Je crois que inconsciemment on créé ses personnages en fonction de ce que l'on est ou de ce que l'on n'est pas du tout. Laure est le personnage central du livre et elle dirige un peu tout son petit monde, même si elle le fait en douceur. Pour avoir été manager pendant de nombreuses années, ce trait de personnalité que l'on retrouve chez Laure est certainement le même que celui qui m'anime. L'amour des livres et de sa lecture nous est commun à toutes les deux. Ce que j'aurais aimé être en Laure ? Et bien peut-être, sa faculté à braver les interdits parce que sa soif d'aventures est la plus forte. Parfois, son personnage que j'ai créé de toute pièce, m'impressionne par son charisme, vu son jeune âge. Elle fait preuve de beaucoup de discernement en "plongeant" dans l'aventure tout en ayant constamment le souci de protéger ses frères et les enfants de Zraloska.
EDILIVRE : Quel passage dans l'écriture a été pour vous le plus difficile ?

Fabienne Gil : Pour le début, j'avais exactement en tête cette mission d'alphabétisation d'enfants dans un monde magique. Donc la première partie n'a pas posé problème. Là où c'est devenu difficile, c'est après. L'école de Laure s'était mise en place, tout commençait à bien fonctionner. Qu'allais-je pouvoir écrire d'autre ? J'étais un peu en panne. Et à ce moment, j'ai demandé à mes enfants (je leur avais lu le début de l'histoire) si des "méchants" auraient leur place dans une telle histoire. Evidemment, ils ont dit oui et ont commencé à prendre des airs effrayés. Alors ça m'a donné l'idée de donner vie à Croagoulatera et aux habitants de Boutanar, de leur faire commettre quelque chose de très grave et d'encourir une terrible malédiction. A partir du moment où j'ai trouvé la malédiction et la façon de conjurer le sort, toute la suite est venue aisément mais petit à petit. Donc, la fin du livre n'a pas représenté de difficulté particulière.

EDILIVRE : Votre ouvrage est-il destiné à un public en particulier ?

Fabienne Gil : Je destine cet ouvrage à un public jeune situé entre 10 et 15 ans. Mais quelques adultes l’ont lu et m’ont dit avoir beaucoup aimé.
EDILIVRE : Que représente ce roman pour vous ?

Fabienne Gil : Une revanche sur la vie d'abord ! Vous savez, lorsque vous travaillez pendant 17 ans pour la même entreprise, que vous avez toujours donné satisfaction mais que l'on vous licencie économiquement pour des questions - non avouées - de dividendes des actionnaires, vous trouvez cela injuste. Voilà un premier fait. Ensuite, je me souviens que depuis mon enfance, j'ai toujours voulu écrire un livre. Je suis d'ailleurs depuis toujours passionnée par la langue française et par les livres. Alors, au moment où j'ai perdu un statut social et professionnel qui était assez prestigieux, mais que j'ai eu enfin du temps, et bien l'écriture de ce livre a été évidente pour moi, comme quelque chose qui allait de soi. Aussi bien pour faire le deuil de l'entreprise que pour retrouver l'estime de soi.

EDILIVRE : Comment en êtes-vous arrivée à la publication ?

Fabienne Gil : Ce fut une épreuve à la hauteur de ce que l'on m'avait annoncé : complètement néophyte dans le domaine, j'ai commencé par envoyer mon manuscrit aux éditeurs les plus connus. Evidemment, ils ont refusé mon livre. On m'a d'ailleurs dit que lorsque l'on est un auteur inconnu, qu'il s'agit du premier roman, et surtout si l'on ne bénéficie d'aucune recommandation, c'est le plus souvent voué à l'échec, même si certains y parviennent toutefois. Après plusieurs refus et ne sachant à qui m'adresser, car la liste des éditeurs est longue, j'ai fini par remiser le manuscrit dans ma cave, mais avec beaucoup de tristesse. Et puis quelques mois plus tard, je suis retournée sur internet en me disant que si je trouvais des éditeurs qui acceptent les manuscrits en version numérique, cela ne coûtait rien d'essayer. Et c'est ainsi que je suis "tombée" sur votre site, que je vous ai transmis le manuscrit, et vraiment je ne le regrette pas !

EDILIVRE : Quelles sont vos références littéraires ?

Fabienne Gil : Je ne vais en citer que quelques unes car elles ont évolué avec les années. Mon préféré c'est Henri Troyat avec toute son oeuvre sur la Russie : que ce soit des romans historiques (et j'adore les romans historiques) comme le cycle de 'La lumière des justes' ou l'histoire terrifiante de 'Grimbosq', mais aussi des biographies extraordinaires comme celles de Gorki ou Raspoutine. J'aime aussi le style de Isabelle Hausser et dans un genre différent : Claude Izner, avec les enquêtes de Victor Legris dans le Paris de la fin du XIXème.
EDILIVRE : Roger Federer ou Rafael Nadal ?

Fabienne Gil : Pas d'avis sur la question, ma culture tennistique étant inexistante.

EDILIVRE : Bienvenue chez les Ch'tis ou La grande vadrouille ?
Fabienne Gil : Une préférence pour les Ch’tis parce qu’au delà du rire, il y a beaucoup d’émotion et c’est ce côté émouvant que j’ai aimé dans le film.
 

Entretien réalisé le 10/06/08
Fabienne Gil est l'auteur de Laure Faradet, publié en avril 2008 
 
 
 

Marie David
 
Le roman de Marie David, La bourguignonne, a été publié en avril 2008.
EDILIVRE : Votre ouvrage sonne comme un récit autobiographique, pourquoi ce besoin de coucher vos pensées sur le papier ?
Marie David : Récit autobiographique n'est pas totalement exact, disons que mon héroïne me ressemble beaucoup... Et plutôt que des pensées, je dirais qu'au travers de ce récit, il y a quelques vérités qui mériteraient d'être rendues publiques... Le devoir d'un Etat à l'égard de ses citoyens est d'être honnête et transparent, et s'il commet une erreur, il se doit de la reconnaître... Même chose dans un cadre professionnel, on parle beaucoup de mobbing, comme on parle beaucoup dans un cadre familial ou de voisinage de femmes battues, mais en fait la plupart des gens préfèrent être aveugles et sourds plutôt que d'intervenir... Il y a toujours cette notion d'image de soi : "que vont penser les autres ?" "Vais-je perdre mon emploi ?" Ce n'est pas facile à gérer, témoigner auprès de la police, d'un juge, demande du courage, et les choses de la vie de tous les jours nous freinent parfois dans nos élans de loyauté...malheureusement...

EDILIVRE : N'avez-vous pas eu peur d'être trop exposée au public ?

Marie David : Bien sûr, c'est un risque... mais lorsque l'on parle d'injustice, de reconnaissance, tout le monde doit se sentir concerné. Mon héroïne a fait moult erreurs, la première étant d'avoir eu une confiance aveugle dans ses deux maris... peut-on vraiment la juger pour cela ? Elle est avant tout un être humain qui n'a pas de mode d'emploi, ni pour l'amour ni pour élever ses enfants... Comme tout le monde, elle fait ce qu'elle peut face à des situations souvent insolites mais aussi sordides... et en plus elle est à plusieurs reprises, victime ou témoin de choses dont elle se serait bien passée... Seulement quand les faits sont là, il faut les assumer tant bien que mal avec toutes les conséquences que cela pourra avoir par la suite.

EDILIVRE : Quel passage dans l'écriture a été pour vous le plus difficile ?
Marie David : Tous les passages ont été difficiles. J'ai écrit cet ouvrage avec les larmes de sang, les livres que j'écris en ce moment me paraissent tellement plus faciles, tellement sages...L'un des plus dur passage fur celui de l'accusation de l'enfant... Ce passage, je l'ai écrit en pleurant, comme si je le revivais, encore une fois... Ceci dit, c'est la meilleure des thérapies.
EDILIVRE : Votre ouvrage est-il destiné à un public en particulier ?
Marie David : Non, je pense qu'il peut intéresser tout le monde. Si cette vie là a été spécialement chaotique, chacun peut y retrouver quelque chose qui lui correspond... Ce qui est important surtout c'est de prendre conscience que chaque individu, un jour, peut être confronté à ce genre de réalités. C'est un ouvrage qui touche tout le monde car dans une société où un couple sur deux se sépare, la notion de manipulation sera de plus en plus grande, les enfants les plus habiles manipuleront pour obtenir ce qu'ils souhaitent, même si cela est inconscient. Cela deviendra un phénomène de société.

EDILIVRE : Vous semblez très attachée à votre région, la Bourgogne; pour quelles raisons ?

Marie David : En Bourgogne, j'ai vécu avec mes parents et mon frère quinze années de tendresse. Les mineurs de fond sont des gens qui paraissent durs mais qui ont un coeur immense. La Bourgogne, c'est mon enfance, c'est la candeur, la naïveté. J'ai rêvé d'y revenir quand le père de mes enfants me faisait vivre l'enfer... Puis j'ai eu mes enfants en Suisse qui est devenu mon pays d'adoption. Je me sens franco-suisse mais un petit bout de mon coeur reste en Bourgogne. Et on y boit les meilleurs vins du monde... 

EDILIVRE : Que représente ce roman pour vous ?

Marie David : Ce roman m'a permis de clore un chapitre de ma vie extrêmement lourd. Je n'avais pas au départ l'intention de le faire publier. Je l'ai soumis à Madame Janine Boissard et me suis dit que si elle acceptait d'en faire la préface et si Jean-Jacques Goldman acceptait que je rythme mon livre avec les titres de ses chansons, j'essaierais d'être publiée... Ce fut fait et vous avez été la première maison d'édition que j'ai approchée, et la première à m'accepter et je vous en remercie infiniment.
EDILIVRE : Quelles sont vos références littéraires ?

Marie David : Bien sûr les plus grands comme Baudelaire, Rimbaud, Victor Hugo. Dans un autre registre, Prévert, Boris Vian mais aussi Madame Janine Boissard, Messieurs Marc Henri Lévy, Max Gallo, Christian Jacq, Patrick Poivre d'Arvor et j'en oublie plein d'autres car je lis beaucoup d'ouvrages très variés...

EDILIVRE : Quels sont vos projets futurs ?

Marie David : Je continue d'écrire bien sûr. J'ai quatre projets en cours mais deux bien avancés dont les titres sont '25 ans avant la réincarnation' et 'internautes courrier du coeur ou comment draguer sur le web'. Le premier est un roman de science fiction, très ésotérique, et le deuxième sera désopilant du début à la fin.

EDILIVRE : Bienvenue chez les Ch'tis ou La grande vadrouille ? 
Marie David : Les deux mais avec une tendresse particulière pour Bienvenue chez les Ch'tis car je suis originaire d'un pays minier et j'en suis fière. Un grand bravo à Dany Boon.

 
Entretien réalisé le 07/06/2008
 
Marie David est l'auteur de La bourguignonne, publié en avril 2008
 
  Cyril Pujos
 
Le roman de Cyril Pujos, La Confrérie d'Archeronde a été publié en Juin 2008.


EDILIVRE : On découvre au début de votre roman des personnages écorchés, vivant à cheval entre le monde imaginaire et un monde très réel. Malgré l’imaginaire ambiant, les personnages sont attachants car proches du lecteur. Etait-ce là votre but ? 
Cyril Pujos : Pour moi, le monde imaginaire n'est qu'un cadre. Ce qui me plaît dans un roman, plus que le monde, ce sont les personnages. En décidant d'écrire à la première personne, mon objectif était de rendre l'histoire plus prenante, plus réelle. Mais c'est très difficile lorsque les personnages sont inhumains, car le lecteur n'a plus d'empathie pour eux. Or cette humanité s'exprime par des sentiments, des émotions, des codes de société. Pour partager 'l'Intermonde' avec les lecteurs, j'ai donc essayé de le leur montrer à travers les yeux de quelqu'un qui leur est proche, de façon à ce que les bizarreries deviennent naturelles, à ce qu'ils s'y sentent chez eux. Beaucoup de mes personnages sont en effet écorchés, mais lorsque vous regardez autour de vous, vous découvrez que votre entourage l'est aussi. Les personnalités des gens se forment à travers les épreuves. C'est pourquoi Théo n'en finit pas d'en baver.
EDILIVRE : Avez-vous choisi Théophile Wolf comme personnage principal pour nous permettre ainsi de suivre son apprentissage ?  
Cyril Pujos : Le choix de Théo s'est imposé de lui-même car il se trouve au centre de l'action. Par conséquent, il est la personne idéale pour la décrire. Son apprentissage porte sur plusieurs aspects et à mon avis, sa formation magique est la moins intéressante. En revanche, ce qui est le coeur de l'histoire, c'est plutôt sa découverte des autres et de lui-même. Il fait connaissance avec des sentiments qu'il n'avait pas encore éprouvés, il commet des erreurs aux conséquences très graves qu'il doit pourtant assumer... Il n'a pas d'autre choix que de grandir, mais ce n'est pas facile lorsque l'on a seulement quinze ans.
EDILIVRE : Comment est né Théo dans votre esprit ?

Cyril Pujos : J’ai toujours plein (trop) de personnages dans la tête. Celui-ci est né alors que je réfléchissais sur la notion de monde discontinu. En fait, le premier personnage auquel j’ai pensé, ce n’est pas Théo. C’est son frère Philippe. Mais une fois que je l’ai eu emprisonné dans la 'Forteresse des Cauchemars', Théo est arrivé très vite. Son nom est devenu une évidence et sa personnalité est apparue avec lui. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais les noms sont vraiment importants. Ils donnent tout de suite une aura au personnage. Le problème, bien sûr, c’est que cette aura est très subjective et dépend du lecteur. Néanmoins pour moi, il n’y avait aucun doute, il ne pouvait s’appeler que Théo. Je ne me rappelle pas bien : j’étais sans doute en train de marcher sur le campus de Bordeaux ou d’arpenter mon appart d’étudiant, mais à partir du moment où son nom m’est apparu, j’ai commencé à le projeter dans 'l’Intermonde', à lui écrire une histoire. La suite, vous l’avez devant les yeux.

EDILIVRE : De quel personnage vous sentez-vous le plus proche et pourquoi ?

Cyril Pujos : C'est une question très difficile... Tous les personnages ont quelque chose de moi. Par exemple, entre ma thèse, ma pratique du karaté, le fait que je connaisse trois accords de guitare et que je sois l'aîné de mes frères et soeurs, j'ai beaucoup de ressemblance avec Philippe... Ce qui est effrayant, vu que c'est un psychopathe notoire ! Ce qui me rassure, c'est que je suis beaucoup moins brillant que lui...
EDILIVRE : D'où vous vient cette passion pour le fantastique ?
Cyril Pujos : J'ai commencé le jeu de rôles à l'âge de neuf ans et c'était du médiéval fantastique. Depuis, je n'ai toujours pas arrêté de jouer et j'ai eu l'occasion d'explorer bien des univers. Mes préférences vont toujours pour les univers fortement magiques, plutôt que technologiques. Peut-être tout simplement parce que cette magie n'existe pas. Mais je trouve qu'elle est propice aux rêves. Quant aux créatures fantastiques (dragons, phénix, licornes...), elles enflamment mon imaginaire depuis longtemps. D'autant plus lorsque l'on commence à se poser des questions sur leurs personnalités. C'est comme les vampires, si on ne les considère que comme de simples machines à tuer, ils sont inintéressants au possible. Mais lorsque l'on examine le désir ténébreux qui lie l'amour à la mort, la soif d'éternité à tout prix et le sentiment de culpabilité, cela lui donne du caractère. Le fantastique, c'est une expression du rêve et je crois que l'on a tous besoin de rêver.
EDILIVRE : Que représente cet ouvrage pour vous ?

Cyril Pujos : C'est une clef entre le monde des gens qui écrivent cachés chez eux et le monde de ceux qui publient. Cela donne un sentiment très étrange. C'est un peu comme si mon roman devenait réel. Il n'est plus seulement un fichier informatique ou une idée dans ma tête, il a pris un corps de papier, il est devenu un livre. Ce livre, c'est un symbole de reconnaissance et je remercie Edilivre de m'avoir donné ma chance. C'est aussi l'achèvement d'un projet. Et avec un peu de chance, c'est l'opportunité de rencontrer plein de gens. On verra bien.
EDILIVRE : Comment en êtes-vous arrivé à la publication ?

Cyril Pujos : J’aimerais bien le savoir ! En fait, la Confrérie d’Archeronde est mon quatrième roman, mais le premier vraiment publiable. J’ai été lu par mes amis et par ma famille. Ce sont eux qui m’ont incité à aller plus loin, à chercher la publication. C’est plus difficile qu’il n’y paraît parce que l'on craint toujours la critique, et que la famille et les amis sont parfois trop complaisants. En plus, à partir du moment où l'on envoie son manuscrit à une maison d’édition, on ne peut plus se dire « je le finirai plus tard ». Ca vous oblige à finaliser ; mon plus gros problème, je l’avoue…. C’est une épreuve. Et relever les défis, ça donne un peu de piment à l’existence, non ?

EDILIVRE : Quelles sont vos références littéraires ?

Cyril Pujos : Comme ça, j'aurais envie de citer Tolkien, impossible de l'oublier, Frank Herbert, pas seulement pour Dune mais aussi pour 'Destination Vide' ou 'Dosadi', Eiji Yoskikawa, 'La Pierre et le Sabre', 'La parfaite Lumière' qui racontent la vie de Miyamoto Musashi, Daniel Pennac, la saga 'Malaussène' que je relis par moment et bien entendu Jo... Je veux dire J.K Rowling (j'ai pris une mauvaise habitude en consultant son site...) pour l'extraordinaire 'Harry Potter', s'il est nécessaire de le préciser.

 


EDILIVRE : Roger Federer ou Rafael Nadal ?

Cyril Pujos : Tsonga. Non,  franchement; le sport à la télé se limite pour moi à quelques matchs de l'équipe de France de foot pour la coupe d'Europe ou la coupe du monde, et depuis cette année à quelques matchs de rugby. Mais Manceau depuis septembre, je ne pouvais pas résister à la tentation de revenir à ce tennisman français.
EDILIVRE : Bienvenue chez les Ch'tis ou La grande vadrouille ?
Cyril Pujos : Ch'est pas focile de répondre, heiiiiiiiiiiiiiiiiiin ? Bon j'avoue que l'on passe un bon moment avec les Ch'tis, en plus j'ai retrouvé plein de choses dont un copain de Lille m'avait parlé, mais ce n'est pas le film du siècle. Je vais donc dire La grande vadrouille...
 

Entretien réalisé le 04/06/2008
 Cyril Pujos est l'auteur de La Confrérie d'Archeronde, publié en juin 2008

 
 
 

Nancy Callais
 
Le roman de Nancy Callais, La légende de Grewlka a été publié en Mai 2008 dans la collection Coup de coeur d'Edilivre.

EDILIVRE : Les enfants, héros de votre roman, oublient tout de leur passé une fois arrivés à Grewlka. Mais avez-vous pensé à ce qu'auraient pu être leurs vies antérieures ?

Nancy Callais : En effet, à la fin du roman on apprend quelles sont les origines d'Alénaïs mais le passé de ses compagnons, ses Swullies, reste ouvert à l'imagination du lecteur. Ils auraient très bien pu venir de Cara ou d'un tout autre monde exploré à l'époque par Sarah.
EDILIVRE : Pourquoi avoir choisi de jeunes enfants comme personnages principaux ?

Nancy Callais : Il était important pour l'histoire qu'elle débute à l'enfance des héros. On comprend alors comment se sont créés leurs liens, comment ils ont grandi et comment ils évoluent. Ce premier décor permet de faire connaissance avec l'héroïne.

EDILIVRE : Auriez-vous aimé vivre l'existence d'Alénaïs, votre héroïne ?

Nancy Callais : Je pense que l'histoire d'Alénaïs est l'histoire de tout le monde. On évolue tout au long de notre vie dans des lieux différents, avec des responsabilités différentes, on fait des rencontres, certaines durent, d'autres pas. On essaie toujours de se comporter comme un héros, à l'image de nos fantasmes irréels... qui ne s'échappe pas en dormant ou éveillé, en s'imaginant quelques instants que tout repose sur ses épaules, que l'on sauve des vies, que l'on se bat contre un ennemi tout puissant ? Ecrire ce livre était l'occasion pour moi de laisser une trace de ces quelques instants volés dans l'imaginaire. Il n'y a pas de règles, la magie coule selon son bon vouloir... Alénaïs jongle entre sa conscience, ses envies, ses sentiments et ses engagements. N'est-ce pas notre quotidien à tous ? J'aurais aimé vivre dans un univers magique, comme elle, mais finalement, sa vie ressemble étroitement à celle de M. tout le monde.
 
EDILIVRE : Alénaïs a-t-elle des points communs avec vous ?

Nancy Callais : Alénaïs est toujours entre deux mondes, voyage seule et finalement est très solitaire. J'ai toujours été une "hyper active" avec des activités multiples et en même temps j'aime la solitude. Elle se pose beaucoup de questions existentielles sur ce qu'elle doit faire, comment elle doit le faire... on se ressemble peut-être aussi sur ce point.

EDILIVRE : D'où vous vient cette passion pour le fantastique ?

Nancy Callais : Quand on est enfant, on baigne dans le fantastique : les dessins animés, Walt Disney... On croit toutes les histoires et on en redemande. Je pense que je n'ai jamais vraiment quitté cet univers là. Je crois encore aux contes de fées, à l'amour qui dure tout une vie et même au-delà, je crois en la force de la volonté des hommes à choisir entre le bien et le mal...
L'univers Fantastique permet de faire passer des messages aux lecteurs en échappant au cadre conventionnel des leçons moralisatrices. Je pense que lorsque quelqu'un plonge dans un univers irréel, il devient différent et peut être plus proche de son soi. Il échappe aux lois scientifiques, il oublie les carcans idéologiques ou passe outre ceux qui ne lui conviennent pas. Alors on devient plus juste, plus vrai et aussi plus fort parce que finalement ce qui change, c'est que dans cette projection dans tel ou tel héros, on devient très sûr de soi, on a confiance en soi, on accepte de croire aux fins heureuses...
 
Nous sommes tous des héros quand on ferme les yeux...

EDILIVRE : Que représente cet ouvrage pour vous ?

Nancy Callais : C'est l'aboutissement d'un rêve, la preuve que je suis capable d'aller jusqu'au bout d'un projet. Par moment, c'est un journal intime transposé dans un contexte irréel. Je livre dans ce roman l'univers dans lequel je m'évade la nuit.

EDILIVRE : Comment en êtes-vous arrivée à la publication ?

Nancy Callais : A plusieurs reprises, j'ai fait lire mon manuscrit, y apportant des modifications selon les critiques. Puis on m'a dit un jour : "Pourquoi tu ne tentes pas de l'envoyer à un éditeur ? ". Je me suis dit que je n'avais rien à perdre à tenter le coup. Et voilà... maintenant il est en librairie.
EDILIVRE : Quelles sont vos références littéraires ?

Nancy Callais : Marion Zimmer Bradley, Bernard Simonay, James Redfield
EDILIVRE : Marion Zimmer Bradley ou J.R.R Tolkien ?
Nancy Callais : Bradley, sans hésiter. J'ai lu 'Bilbo le Hobbit' de Tolkien mais impossible de lire plus de dix pages des autres romans. Mais j'ai vu plus de dix fois la trilogie en film et j'adore cet univers. Par contre, j'ai lu tous les romans de Bradley, c'est fluide, passionnant, elle est pour moi un Génie du fantastique.

EDILIVRE : Bienvenue chez les Ch'tis ou La grande vadrouille ? 

Nancy Callais : Bienvenue chez les Ch'tis est un grand moment de bonheur. Personnellement, je n'ai jamais pu regarder en entier La grande vadrouille, je ne suis pas fan de De Funès.
 
Entretien réalisé le 02/06/2008
Nancy Callais est l'auteur de La légende de Grewlka, publié en Mai 2008
 
 
 



Mathieu Bracco
 
Le roman de Mathieu Bracco, Les racines des âmes, Tome 1, Le serment de la rose noire a été publié en Mai 2008 dans la collection Coup de coeur d'Edilivre.
EDILIVRE : La littérature foisonne de magiciens en culotte courte et de vieillards aux dons exceptionnels. Votre personnage, magicien adulte homosexuel, chamboule et dépoussière l'image véhiculée depuis tout temps. Etait-ce là votre souhait ?

Mathieu Bracco : Mon souhait n'était pas forcément de renouveler un genre, mais de donner une nouvelle possibilité d'identification. C'est vrai que le personnage du magicien de 20-25 ans officiellement gay n'était pas proposé jusque là, et cela me manquait en tant que lecteur. Mais l'homosexualité n'est pas la seule piste d'identification puisqu'il y a une grande variété de personnages dans mon roman. J'ai essayé d'en donner pour tout le monde, que chacun ait un personnage qui lui ressemble plus particulièrement. 

EDILIVRE : Existe-t-il une part de ce que vous êtes ou de ce que vous auriez aimé être dans votre personnage ?

Mathieu Bracco : Oui, Kami me ressemble un peu dans son caractère. Il a une froideur particulière pour ceux qu'il aime et est assez lunatique. Cela dit, il est beaucoup plus libre que moi sur ses relations amoureuses, et il se pose beaucoup moins de questions alors que je suis dans un doute perpétuel !

EDILIVRE : Pourquoi cette attirance pour le fantasy ?

Mathieu Bracco : Le fantasy est un style que j'affectionne terriblement car il offre une liberté sans limites ! Le fantasy donne un peu du pouvoir de Dieu : créer un univers, le façonner, être le maître de destinées. C'est un peu mégalomane comme réponse non ?

EDILIVRE : Quelles sont vos références littéraires ?

Mathieu Bracco : Anne Rice est pour moi une véritable révélation. C'est elle qui a détruit les limites de mon amour pour la littérature fantastique. C'est un véritable génie à mes yeux. Amélie Nothomb et Bernard Werber sont les auteurs français qui m'ont appris à aimer les histoires. J'aime beaucoup lire Christopher Pike ou Laurell K. Hamilton également, ils ont une facilité étonnante pour m'embarquer dans leurs récits.

EDILIVRE : Pourquoi avoir eu l'envie de faire une suite avec votre personnage plutôt que de se lancer dans une nouvelle aventure avec d'autres personnages ? Quelle place a-t-il dans votre vie ?

Mathieu Bracco : Je me suis beaucoup attaché à Kami, car c'est de lui que tout dépend. Au-delà de l'histoire du premier tome, Kami est un personnage clé dans le destin de beaucoup d'autres. En fait, 'Les racines des âmes' est une saga de quatre tomes. Les livres qui suivent ne sont pas forcément autant axés sur Kami, mais l'obsession de trouver l'origine de l'âme humaine est d'abord celle de ce personnage. Il était donc logique qu'il soit présent ensuite. Ces quatre tomes mettent en place un univers dans lequel d'autres personnages, et j'espère d'autres auteurs, pourront ensuite vivre des aventures de tout genre.

 


EDILIVRE : Comment en êtes-vous arrivé à la publication ?

Mathieu Bracco : Honnêtement je n'en sais rien moi-même. Le plaisir de raconter des histoires est plus fort chez moi que le désir de faire de la grande littérature. Le monde qui se dessine dans la saga des 'Racines des âmes' est tellement précis dans mon imagination qu'il fallait que je le partage. La publication était donc un chemin assez logique pour quelqu'un comme moi qui avait envie de faire découvrir un nouvel univers.

EDILIVRE : Quelles ont été les étapes les plus difficiles dans ce projet ?

Mathieu Bracco : Je crois que l'attente est la pire des choses dans cette aventure. Les corrections, les relectures, prennent beaucoup de temps dans la publication d'un livre. Attendre est une torture ! Cela dit, l'attente n'est pas encore terminée. On en vient à la plus difficile des phases : l'attente du jugement des lecteurs.

EDILIVRE : Que représente ce roman pour vous ?

Mathieu Bracco : C'est à la fois l'exorcisme d'une ancienne histoire d'amour et le début d'une grande aventure je l'espère !
EDILIVRE : Tad Williams ou J.R.R Tolkien ? 
Mathieu Bracco : J'ai du mal à faire un choix. J'admire autant l'un que l'autre car ils ont su créer des mondes à la fois complexes et logiques. Je rêve, un jour, de leur arriver à la cheville !

EDILIVRE : Bienvenue chez les Ch'tis ou La grande vadrouille ?

Mathieu Bracco : J'aurais tendance à choisir 'Bienvenue chez les Ch'tis' parce que 'La grande vadrouille', c'est un classique que l'on connaît par coeur !  Je suis pour le renouveau !
 

 


 
Entretien réalisé le 02/06/2008
Mathieu Bracco est l'auteur de Les racines des âmes, Tome 1, Le serment de la rose noire, publié en Mai 2008